Ilham Mirnezami, diplômée du MBA Management culturel de l’EAC, est actuellement conceptrice culturelle. C’est sur les bancs de l’EAC qu’elle a rencontré Elsa Vautrain, avec qui elle a cofondé le festival Équations nomades.
Ilham Mirnezami, diplômée du MBA Management culturel de l’EAC, est actuellement conceptrice culturelle. C’est sur les bancs de l’EAC qu’elle a rencontré Elsa Vautrain, avec qui elle a cofondé le festival Équations nomades.
© Aurore Vinot, Ilyace Triaoui
Ilham Mirnezami est conceptrice culturelle. Elle est en charge de la conception de projets culturels. Elle travaille notamment comme formatrice en conception de projets artistiques pour le studio d’enregistrement Hedayat Music, elle intervient sur de nombreux événements culturels, à l’instar du Festival Taragalte au Maroc. Elle a également cofondé en 2016 le festival Équations nomades. Elle travaille actuellement sur le lancement d’une fondation destinée à promouvoir des projets culturels autour du développement durable.
S’ouvrir aux rencontres professionnelles
“De mon passage à l’EAC, je retiendrai bien entendu les cours qui étaient très intéressants, mais surtout le pouvoir de la rencontre. Sur les bancs de l’EAC, on fait de belles rencontres. C’est par exemple à l’EAC que j’ai rencontré Elsa Vautrain, avec qui j’ai fondé le projet Équations nomades.”
La culture, vecteur de développement et de paix
Lancé en 2016, Équations nomades est un programme de festivals itinérant cofondé par Melting-Culture et Totem. Dans le cadre de sa deuxième édition à Bamako en 2017, Équations Nomades a organisé la rencontre d’artistes français et maliens autour de la thématique de la transmission artistique et culturelle, avec des ateliers de formation et d’initiation des enfants dans les domaines de la musique, de la danse, du théâtre et de la photographie. Outre le programme de formation, « Équations Nomades » a également présenté des conférences, Masterclass ainsi que des spectacles de musique, de théâtre et de danse. L’objectif : pousser la culture comme vecteur de développement et de paix.
La population ciblée par ce projet est la jeunesse car c’est en impulsant un élan au sein de la jeunesse qu’on peut toucher les générations futures. On leur offre des formations, des masterclass dans diverses disciplines artistiques, et l’idée est qu’ils puissent aller sur le chemin de la création en organisant un spectacle en étant accompagné par l’artiste de l’édition en cours.
On a pu sensibiliser les jeunes via l’éducation artistique. Par exemple, lors de la première édition au Mali, on a pu sensibiliser les jeunes Maliens à la nécessité de s’entendre entre Maliens, un pays de diversité culturelle qui trouve souvent l’origine de ses conflits dans cette diversité.
L’art, un accélérateur éducatif
Selon Ilham Mirnezami, la culture constitue aussi une voie pour l’éducation. Les écoles qui intègrent la culture dans leurs programmes connaissent moins d’échecs scolaires. C’est le principe de la bibliothèque nomade qu’elle a mise en place dans le cadre du festival Taragalte, qui permet l’apprentissage par la culture.
Selon Ilham Mirnezami, si on ouvre l’esprit des possibles dans l’imaginaire des enfants, ils deviennent des adultes ouverts sur le monde, moins dans le conflit, car ce sont eux qui vont porter la paix de demain. Ce seront aussi des professionnels plus curieux et polyvalents, qui auront la capacité d’apprendre tout au long de leur carrière, ce qui constitue une des qualités qui sera parmi les plus recherchées sur le marché du travail de demain.
Se nourrir d’art
“ Un des conseils que j’aimerais donner aux étudiants de l’EAC, c’est de se nourrir d’art, car l’art ouvre l’esprit. Ne vous cantonnez pas à vous intéresser à une seule forme, à un seul style, ou à une seule manifestation d’une culture, soyez curieux et ouvrez vos horizons, car c’est dans la diversité culturelle qu’on se découvre d’abord des points communs les uns les autres, et ensuite qu’on apprend beaucoup sur soi, en découvrant de parties de soi qu’on ignorait. Par exemple, lors de la dernière édition du festival Équations nomades qui se tenait au Mali, nous avons accueilli des enfants de toutes les régions du Mali. Le Mali étant un pays de diversité, les enfants parlaient des langues différentes. Au début, ils restaient par groupes ethniques. A la fin du programme, ils s’étaient mélangés, et étaient tristes de se quitter. ” Explique Ilham Mirnezami.
Durant l’édition 2018 d’Équations nomades, le festival a eu la chance d’accueillir le danseur et champion de France 2012 de hip-hop, Boukary Niakaté, qui est venu donner des cours de hip-hop.
” Ce danseur d’origine malienne parti faire carrière aux États-Unis a constitué un modèle inspirant pour ces jeunes. Il suffit parfois d’une rencontre, d’un déclic pour planter une graine qui peut devenir un incroyable arbre. ” Conclut Ilham Mirnezami.