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05/09/2019

Stimuler les gens par le biais du rire

Pauline Bonneau, administratrice du théâtre de la Madeleine et ancienne étudiante de l’EAC, fonde cette année le festival dhumour thérapeutique. Rencontre.

 

En quoi consiste le festival d’humour thérapeutique ?

Je suis très sensible au bien-être. Il est important pour moi d’entretenir mon bonheur chaque jour et, malheureusement, je constate que la plupart des gens se laissent aller. Ils encaissent sans rien dire alors qu’ils pourraient mettre en place des outils pour aller mieux.

J’évolue dans le secteur de l’humour depuis quelques années maintenant et, ce qu’il en ressort, c’est que les spectacles d’humour sont une bouffée d’oxygène pour les gens. Les soucis sont oubliés.

Ce qui est dommage, c’est que ces personnes ne profitent pas de cette nouvelle énergie positive pour se booster et aller de l’avant. Ce que j’aimerais, c’est réussir à faire perdurer dans le temps l’effet bénéfique que leurs procure un spectacle d’humour. Je me suis donc demandée comment utiliser les humoristes pour sensibiliser les gens au bien-être.

 

C’est pour cette raison que j’ai eu envie de m’associer avec des humoristes pour qu’ils deviennent en quelque sorte des porte-paroles en transmettant des outils qui auront pour objectif de les aider à sortir de leur zone de confort, à croire en eux, à s’émanciper du jugement des autres.

Pour sensibiliser les gens au bien-être, on va leur faire découvrir différents ateliers tels que le Yoga du Rire, la Boxe Thérapeutique ou encore l’Improvisation.

 

Je pense – et j’espère – que, grâce à ce festival, on peut arriver à toucher une cible qui n’a pas encore été sensibilisée à cette notion de bien-être.

 

Quel a été votre parcours après votre passage à l’EAC ?

Je suis actuellement administratrice du théâtre de la Madeleine, à Paris. Je ne saurai pas donner de définition exacte de ce poste car je pense que les fonctions doivent être différentes d’un théâtre à un autre.

En ce qui me concerne, j’ai la chance de toucher un peu à tout : de l’encadrement d’une équipe à l’évènementiel en passant par la gestion de la billetterie ou encore du bar.

 

Au quotidien, ce métier consiste à régler les problèmes pour faire tourner le théâtre. C’est donc un travail passionnant, polyvalent, et très engageant.

 

Auparavant, j’ai commencé ma carrière en tant que responsable billetterie au théâtre Bobino. C’est vraiment un poste très intéressant. Je suis devenue, par la suite, chargée de production, fonction que j’ai exercée pendant cinq ans. Ce qu’il y a de commun entre ces deux métiers en termes de compétences c’est la rigueur : on suit les budgets, et on doit être très rigoureux et réactifs. Quand je faisais de la production, je suivais les ventes de mes artistes en temps réel. Si on voit que certains spectacles ne vendent pas, il faut rapidement mettre en place des actions pour remplir les salles.

 

Quelles sont les qualités nécessaires au métier d’administrateur ou d’administratrice de théâtre ?

Encore une fois, le métier peut être différent d’un théâtre à un autre. En ce qui me concerne, je dirais que la principale qualité est d’être à l’écoute. On manage des équipes et je pense que pour être un bon manager, il est important de savoir écouter ses équipes et de bien communiquer. Mon objectif est de rassurer mon équipe. Plus mon équipe se sent soutenue, plus ses membres feront bien leur travail et garderont le plaisir de venir travailler. Il faut également savoir être polyvalent, ne pas avoir peur de l’imprévisible. Chaque jour, je ne sais pas ce qui va se produire, mais je sais que quoi qu’il arrive je vais le gérer. Se faire confiance et gérer l’inconnu sans stresser sont des qualités essentielles pour faire ce métier. Enfin, il faut aussi être quelqu’un de souple : on n’évolue pas dans une case, par exemple, on ne peut pas refuser une tâche en arguant du fait que ce n’est pas sur la fiche de poste : concrètement, c’est vers l’administrateur de théâtre que l’équipe se tourne pour gérer les problèmes. Il faut donc s’adapter aux différentes situations qu’on rencontre. C’est ce qui rend ce poste passionnant.

 

Qu’est-ce que vous préférez dans ce poste d’administratrice de théâtre ?

Ma plus grande fierté est d’avoir réussi à constituer une très belle équipe. Quand je suis arrivée au théâtre de la Madeleine, il y avait des marges d’amélioration dans l’organisation de l’équipe d’accueil. J’ai réussi à constituer une équipe d’accueil qui fonctionne en tant qu’équipe, qui est solidaire, qui est contente de venir travailler. Je suis aussi heureuse de réussir à faire évoluer mes équipes en interne. Leur avis compte pour moi : si je recrute quelqu’un je demande l’avis de l’équipe pour que cela se passe bien. Je pense que cela permet aux salariés du théâtre de se sentir considérés par l’entreprise.

 

Je suis très fière car j’ai appris à être manager sur le tas. Ce qui m’aide vraiment ce sont les outils de bien-être que j’utilise pour être bien dans mes baskets au quotidien. Je pense que si j’étais aigrie ou mal lunée, je pourrais me comporter en manager agressif ou maladroit.

 

 

Pourquoi avoir choisi d’étudier à l’EAC ?

A l’époque, j’avais choisi cet établissement pour leur approche très pratique et parce qu’il y a un vrai encadrement des étudiants. C’était un des rares établissements qui proposaient un programme d’enseignement supérieur pour travailler dans la culture en privilégiant la pratique. En effet, beaucoup de formations sont très théoriques, or je pense que pour apprendre c’est important d’être sur le terrain. Par exemple, il est possible de suivre les cours en alternance à l’EAC.

 

Si je n’avais pas intégré l’EAC, je n’aurais pas intégré le théâtre Bonino en alternance et je n’aurais pas eu un CDI à la fin de cette année d’alternance.

 

Quels sont vos projets pour la suite ?

Outre mon activité au théâtre de la Madeleine, je lance le festival de l’humour thérapeutique au printemps 2020.

 

Ce n’est pas pour gagner de l’argent que j’ai voulu lancer un projet à côté de mon activité principale. J’ai souhaité lancer ce projet parce que j’aimerais faire le pont entre le développement personnel et l’humour. J’ai envie, par le biais du rire, de stimuler les gens. J’aimerais leur permettre de prendre des risques, de vivre leur vie, leur donner des clés pour ne pas s’autocensurer par peur du jugement ou de l’échec.

 

Par exemple en lançant ce projet, je sais que je peux échouer. Ce n’est pas grave. Le plus important pour moi est de réussir à me lancer des défis. Grâce à ces expériences je vais apprendre des choses. Quoi qu’il arrive, je vais en sortir enrichie.

 

De plus, ce projet me permet de sortir de ma zone de confort. J’ai été chargée de production, mais je n’ai pas encore eu l’opportunité d’être responsable d’un projet en tant que Directrice de production. Ce projet est pour moi l’occasion de créer cette opportunité pour apprendre et évoluer.

 

C’est une aventure que je conçois non pas comme « mon » aventure, mais comme celle de toute l’équipe qui monte le projet. Je souhaite que ce concept soit pensé collectivement, et que chaque chose que j’intègre dans ce projet ait du sens pour l’équipe et donc pour le public.

 

A propos du festival de l’humour thérapeutique

 

Lancé par Pauline Bonneau, administratrice du théâtre de la Madeleine et ancienne élève de l’EAC, le festival de l’humour thérapeutique vise à sensibiliser le grand public au bien-être via l’humour.

 

Dans le cadre de ce festival d’une journée, les participants participeront à divers ateliers et Masterclass avec des humoristes, par exemple un cours d’improvisation pour apprendre le lâcher prise. Ils iront ensuite à la rencontre de personnalités inspirantes, comme Paul Fontaine, un sportif qui a la mucoviscidose et qui malgré cela a court des marathons. La journée se clôturera par un spectacle humour animé par les humoristes participants.

 

Nous sommes heureux d’annoncer la signature d’un partenariat avec le festival de l’humour thérapeutique pour la rentrée 2019.

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